Discours de Monsieur Armand De Decker
Tête de liste au Sénat
Ministre d’Etat
Congrès de fin de campagne
Louvain-la-Neuve, 6 juin 2010
Chers Amis,
Vous m’avez chargé de mener notre liste pour le Sénat.
Je le fais avec une totale détermination,
non seulement parce que le Sénat est indispensable dans un Etat fédéral,
non seulement parce que le Sénat incarne le fédéralisme,
non seulement parce qu’un Sénat paritaire, que nous voulons, est la meilleure garantie pour le respect et la défense des Francophones et des institutions de la Belgique,
mais aussi parce que le Sénat est la meilleure protection contre un des grands maux de notre époque :
- l’immédiateté
- le manque de recul, de réflexion
Le Sénat de Belgique connaîtra très certainement une nouvelle réforme et je n’y vois aucun obstacle à la condition qu’il puisse poursuivre le rôle essentiel que je viens de décrire, et qu’il puisse toujours rester ce lieu irremplaçable de réflexion sur les grands enjeux de notre société
Je pense, que dans le monde compliqué dans lequel nous sommes entrés, il aura un rôle encore plus important à jouer. Ce nouveau Sénat serait d’ailleurs l’assemblée idéale où l’on devrait faire siéger les parlementaires qui, demain selon nos vœux, seront élus au niveau de la circonscription nationale.
Le Sénat devra aussi, à mes yeux, se spécialiser davantage encore dans le suivi des grands enjeux à long terme que sont par exemple au-delà des questions institutionnelle et constitionnelle belges :
- La régulation de notre système financier et bancaire international
- l’évolution de la construction européenne
- l’évolution de notre système judiciaire et policier, afin de mieux assurer la sécurité et donc la liberté de tous nos concitoyens.
Sur tous ces sujets, le MR aura un rôle central, essentiel à jouer mais il y en a un sur lequel je voudrais insister et c’est celui de la sécurité que nous devons garantir à chacun de nos concitoyens..
Je suis le Bourgmestre d’une Commune et Président d’une zone de police où une jeune femme active, mère de deux enfants, rentrant chez elle après une journée de travail, a eu le malheur de croiser, alors qu’elle s’arrêtait à un feu rouge, deux malfrats dont l’un n’a pas hésité à l’abattre parce qu’il ne parvenait pas à ouvrir la portière sa voiture qu’il voulait voler après avoir braqué une bijouterie et roué de coups le bijoutier.
Je fus aussi, à la faculté de droit de l’ULB, le condisciple de Madame le Juge de Paix Brandon qui fut abattue, tout comme son Greffier, dans son prétoire parce qu’un de ses jugements, pris voici trois ans, ne plaisait pas au meurtrier.
Avant hier, une pharmacienne de Lessine reçut six coups de couteaux d’un mineur déchaîné.
Chers Amis,
Cette montée de violence totale, immédiate et gratuite est intolérable. Elle est bien sûr la conséquence d’une perte générale des valeurs dans notre société. Elle est aussi le résultat d’un laxisme irresponsable dont les partis de la gauche plurielle sont largement responsables.
Entre une Ministre socialiste de la Justice qui refusait de construire des prisons et qui décida, face à la surpopulation carcérale, de prendre une circulaire prévoyant que les peines de moins de trois ans de détention ne devait plus, nécessairement, être appliquées et une Ministre écolo qui s’obstine à freiner l’ouverture de centres fermés supplémentaires pour mineurs.
Quel respect a-t-on encore pour les victimes, pour la sécurité des citoyens ?
Chers Amis,
Le MR est la seule force politique qui aura la volonté et la capacité de faire changer les choses :
- de faire appliquer les peines décidées par les tribunaux afin qu’aucune agression, aucun délit, aucune incivilité, ne reste sans réponse appropriée et immédiate de l’autorité.
- d’assortir certaines peines liées à des infractions violentes de période de sûreté. Ces peines incompressibles doivent à nos yeux s’appliquer notamment en cas de violence, de maltraitance des personnes âgées, en cas de viols, en cas d’assassinat de magistrats, de fonctionnaires de police, de représentants de l’autorité publique.
Seul le MR aura la volonté, du côté francophone d’instaurer des tribunaux des flagrants délits et d’appliquer des procédures accélérées afin que les malfrats connaissent la sanction et sa mise en œuvre dans les plus courts délais.
Nous devrons également provoquer un large débat sur toutes les mesures et politiques nécessaires pour répondre en profondeur à cette montée de la violence.
Nous devrons oser le débat sur l’évolution de la législation aujourd’hui dépassée relative à la protection de la jeunesse.
Toutes ces réformes, il faut que ce soit nous qui en prenions l’initiative parce que notre souci premier est le respect de la loi, le respect de la liberté de nos concitoyens, et bien sûr et avant tout, le respect des droits de l’homme qui implique pour nous le respect de la femme, de sa liberté et de son égalité en toute matière.
Ce qui m’amène à ajouter que nous devrons aussi veiller à ce que les allochtones, dans le respect de leur propre culture, adhèrent aux valeurs de leur pays d’accueil
Chers Amis,
Sur toutes ces matières importantes, difficiles et délicates, le MR a eu le courage de se pencher avec sérieux et profondeur de pensées, et je voudrais saluer le travail remarquable que Daniel Bacquelaine et Richard Miller ont effectué, afin de nous permettre de prendre attitude sur tous les sujets qui touchent aux valeurs de notre société européenne et démocratique, éprise de liberté, de respect mutuel.
Chers Amis,
Pendant les prochains jours, portez ce message empreint de nos valeurs libérales, de respect de la loi, de respect de la liberté de chacun.
En un mot de respect de nos concitoyens.