Discours de M. Armand DE DECKER,
Président du Sénat,
à l’occasion de
la présentation du projet
COP to CAP 2010, en route vers le futur
_______
18 mars 2010
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,
Bien souvent, nos assemblées parlementaires considèrent comme une prérogative le privilège de saluer les réalisations ou les prouesses exceptionnelles de certains de nos compatriotes. Il y a des palmarès scientifique, social, sportif ou artistique qui justifient amplement un hommage que les élus de la Nation entendent rendre au nom de celle-ci. C'est la logique du couronnement d'un aboutissement, d'un succès. Pas plus tard que la semaine passée, nous avons ainsi eu l'honneur et le plaisir de recevoir et de féliciter le vicomte Frank De Winne pour le succès de sa mission spatiale OasISS en 2009. C’est d’ailleurs dans le même esprit que le Sénat a reçu une première fois Xavier Van der Stappen le 7 mai 2009 à son retour du « Paris-Dakar no oil ».
Aujourd'hui, notre démarche est bien différente !
Au lieu d'applaudir Xavier Van der Stappen une fois sa performance accomplie, nous l'entourons pour l'encourager au moment où il est sur le point de s'élancer dans l'inconnu. Je vous remercie tous de nous avoir rejoints pour encourager dans son effort celui qui va entamer devant nos yeux admiratifs mais un peu mélancoliques, l'aventure d'un périple de 18.000 km à bord de son véhicule électrique alimenté à l'énergie solaire.
En quoi cette traversée de deux continents aux allures de défi à la Jules Verne mérite-t-elle l'attention des élus de la Nation et leurs plus vifs encouragements? Ne nous sommes-nous pas quelque peu égarés dans le tantième exploit du type “tour du monde en ballon” dans le droit fil des exploits des Richard Branson ou autres accros d'émotions fortes?
La réponse à cette mise en question tout à fait compréhensible est bien simple.
Soulignons avant tout que le profil profondément humaniste de notre héros du jour ne peut laisser indifférent. Pour vous en convaincre, je vous invite à me suivre sur la page d'ouverture du site web de « Cultures et Communications », l'association sans but lucratif créée en 1992 par notre héros du jour. L'on y découvre qu'à un moment de l'histoire où la logique du conflit occupe bien trop souvent l'avant-plan de l'actualité, Xavier Van der Stappen ambitionne, au moyen de son asbl, de promouvoir le droit à la différence, d'informer de la diversité et de richesse culturelles des populations d'Afrique et de diffuser une image positive de ce continent, à l'opposé de l'image bien trop souvent répandue par les médias de masse.
Xavier Van der Stappen dispose par ailleurs d'un bagage permettant d'asseoir solidement sa démarche! Pendant trois ans, il a été directeur de missions humanitaires, puis responsable de l'audio-visuel pour Médecins sans Frontières. Il a également organisé des expositions présentant des ethnies vivant sur le territoire éthiopien et les Masaï. Peu de chances qu'il perde de vue la réalité du terrain dans les projets qu'il prend à bras le corps.
Cet attachement à l'Afrique fondé sur un solide respect de l'altérité, le rapproche, plus qu'il ne l'imagine probablement, d'une dynamique qui va s'amplifiant dans nos Assemblées fédérales. Depuis une dizaine d'années, tant la Chambre que le Sénat ont développé un dialogue que l'on peut aujourd'hui qualifier de quasi permanent avec une série de Parlements africains; nous échangeons nos expériences, nous nous consultons sur quantité de préoccupations communes et nous apportons un soutien logistique à nos partenaires africains. L'humilité commande cependant de ne pas trop nous comparer aux réalisations de Xavier Van der Stappen qui a côtoyé plus d'une centaine d'ethnies africaines pour en étudier plus avant une cinquantaine...
Chercherait-on à illustrer a contrario la très belle maxime de François Rabelais « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », l'on se satisferait aisément du cursus de notre invité d'aujourd'hui, lui qui a mis tout son savoir au service de la réalisation de ses choix de conscience.
Par ailleurs, la démarche de Xavier van der Stappen se situe au point de rencontre de quelques-unes des préoccupations les plus fondamentales liées à l'avenir de notre planète et, ce faisant, de l'humanité.
Ainsi, à l'heure du développement durable où il ne se passe plus un jour sans qu'un cri d'alerte ne soit émis au sujet de l'épuisement des énergies fossiles, sans qu'un appel ne soit lancé en faveur d'un développement plus rapide des énergies non-polluantes, Xavier van der Stappen, lui, a décidé de démontrer que, si on le veut vraiment, l'énergie propre est déjà à notre portée immédiate. Notre baroudeur recharge les batteries de son véhicule à l'aide de panneaux solaires. De ce fait, il coupe court à la critique souvent émise envers les véhicules de ce type comme quoi ils ne pollueraient pas moins que les véhicules classiques, puisque l'électricité dont ils ont besoin ne pourrait être produite que par des centrales électriques nécessitant des sources d'énergie fossile ou le recours à l'énergie nucléaire. N'est-ce pas là un message simple et limpide, chargé d'espoir, qu'il est urgent de propager pour mobiliser encore plus d'intelligence innovante ?
Au-delà de cet enjeu crucial, Xavier van der Stappen entend nous confronter à une réflexion à dimension sociétale : allons-nous continuer notre course effrénée à la consommation et à l'accumulation sans limites de biens les plus divers?
In het Nederlands is de term consu-minderen al een hele tijd in zwang. Maar is de noodzaak aan dit type benadering al enigszins doorgedrongen tot ruimere bevolkingsgroepen? Het volstaat een kijkje te nemen op de evolutie van de verkeersopstoppingen op onze wegen: die nemen allesbehalve af, dat weten we maar al te best. Ons deel van de wereldbevolking is helaas nog steeds aan het consu-meren.
De reis die Xavier Van der Stappen vandaag onderneemt, ligt ook aan de absolute tegenpool van het huidige massatoerisme. Hij gaat de andere culturen tegemoet, bereid om te luisteren en te helpen, vastberaden om niet het minste spoor van vervuiling of alienatie na te laten op de plekken die hij zal aandoen. Ook daar staat hij middenin een debat dat onze parlementaire werkzaamheden steeds vaker doorkruist: welk soort mobiliteit mogen of moeten we nog promoten? Welk soort toerisme moeten wij mogelijk maken? Zijn voorbeeld en zijn ervaring kunnen ons heel wat verder helpen bij het benaderen van die thema's.
U ziet met mij dat er voldoende redenen zijn om een laterale denker als Xavier Van der Stappen in contact te brengen met onze werkzaamheden van wetgever en catalysator van maatschappelijk debat.
Diegene die echter het best de rijkdom van zijn project kan beschrijven, is Xavier Van der Stappen zelf. Ik verleen hem hierbij heel graag het woord.