08 décembre 09Colloque "Paix et Réconciliation"

Discours de M. Armand DE DECKER, Président du Sénat

 

Colloque "Peace and Reconciliation”

 

8 décembre 2009

 

 

Vos Excellences,

Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

 

 

C’est un honneur de pouvoir vous accueillir aujourd’hui au Sénat pour ce colloque consacré à « la Paix et la Réconciliation » et organisé en collaboration avec l'Association des parlementaires européens pour l'Afrique (AWEPA). Permettez-moi avant tout de féliciter cette association à l’occasion de son 25ème anniversaire et de lui souhaiter beaucoup de succès pour mener à bien ses initiatives.

 

Je tiens également à saluer nos deux orateurs d’aujourd’hui :

 

De eerste spreker is Professor Dr Emeritus Luc Huyse. Hij zal ons zijn boek met de merkwaardige titel «Alles Gaat Voorbij, Behalve Het Verleden » voorstellen. Tragedies uit het verleden blijven ons inderdaad achtervolgen, zij wegen op het heden en bepalen mee onze toekomst. De zoektocht naar de achtergronden van tragische feiten uit het verleden kan ons echter helpen gelijkaardige drama’s te voorkomen en kan dus, in vele opzichten, ook een louterend effect hebben.

 

We’re also very proud to welcome the other distinguished keynote speaker, Dr. Fatou Bensouda, Deputy Prosecutor general of the International Criminal Court in the Hague since 2004. Today she’ll share with us her wide and varied experience in the field of international crime prevention and criminal prosecution. This will allow us to gain a unique and in depth insight in the workings of today’s international criminal proceedings.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi d’évoquer en quelques mots l’importance de l’AWEPA, organisation non gouvernementale indépendante qui plonge ses racines dans la lutte contre l’apartheid et qui compte des membres issus de l'ensemble du monde politique.

 

Cet anniversaire nous rappelle que, bien que de grands progrès aient déjà été accomplis pour soutenir et renforcer les parlements en Afrique et attirer sur le continent africain l’attention de l’Union européenne, d’importants défis restent à relever. L’AWEPA souhaite que les États africains disposent de moyens suffisants pour assumer pleinement leur responsabilité démocratique envers leurs nations. J’ai pu constater, en tant que ministre de la Coopération au Développement, combien il est important d’épauler l’Afrique dans le renforcement de sa capacité parlementaire.

 

L’AWEPA s’inscrit également dans la thématique de la paix et de la réconciliation qui revêt, plus que jamais, un caractère prépondérant en Afrique. Après le drame du génocide au Rwanda en 1994, l’ONU a mis en place le Tribunal pénal international, dit d’Arusha, le premier pas vers une justice au niveau international. Il est évident que la Belgique a également participé à ce processus de paix et de réconciliation. À cet égard, je me réfère aux recommandations de la Commission d'enquête parlementaire de fin 1997 concernant les événements du Rwanda, dont j’avais d’ailleurs été membre . On y insiste pour que la communauté internationale examine en profondeur le drame au cours duquel on déplora aussi la perte de militaires belges, pour que le droit triomphe et que la mémoire des nombreuses victimes soit respectée et enfin que les futures générations soient mieux protégées.

 

Grâce au dynamisme de l’AWEPA, nous avons développé des synergies entre les deux continents et entre les parlements européens et africains dont le réseau international de contacts s’est ainsi accru. À titre d’exemple, le 31 mars dernier, l’AWEPA a prêté sa collaboration à un séminaire organisé au Sénat sur la problématique de la survie des enfants dans les pays en développement, dans le cadre de la discussion d’une résolution sur la même thématique . Le 9 juillet dernier, le Sénat a adopté une résolution relative à la commémoration de la journée Mandela et l’AWEPA s’est également jointe à cette initiative .

 

Il est évident que l’AWEPA représente un bon exemple de diplomatie parlementaire, domaine de l’activité parlementaire qui m’est particulièrement cher.

 

Le rôle du Sénat de Belgique ne se limite pas à donner son assentiment aux traités, ce qui est en soi une fonction de nature plutôt formelle. Les implications internationales de certains enjeux de politique intérieure et les fortes répercussions sur la vie quotidienne des citoyens de décisions prises à l'échelle internationale incitent les parlements et, bien sûr aussi, notre Assemblée à intervenir de manière plus active en politique internationale. La politique extérieure est aussi et avant tout «l'affaire du peuple».

 

La diplomatie parlementaire prend une importance croissante à l'échelon international, comme en témoigne la multiplication des organismes interparlementaires. Son émergence est liée au phénomène de la mondialisation. Son rôle ne cesse de grandir et revêt des formes variées en fonction de l'évolution du monde. Il ne faut toutefois pas confondre coopération interparlementaire et diplomatie parlementaire. Cette dernière procède d’une intervention directe des parlementaires sur la scène internationale, à propos de questions relatives à la politique extérieure.

 

La diplomatie parlementaire fait entendre la voix des peuples dans un monde qui s'élargit. Elle a acquis d’autant plus d’importance dans un contexte politique redevenu plus complexe après l’époque de la guerre froide. Elle accompagne et complète la politique diplomatique du pouvoir exécutif et mène la discussion sur un plan pragmatique. Il est donc évident que la diplomatie parlementaire n’est pas une rivale de la diplomatie gouvernementale, qu’elle complète, grâce aux liens qui se tissent entre élus de divers continents et pays. Ces contacts et ces liens permettent aussi à la réflexion de progresser et au droit international d’évoluer. C’est ainsi que, dans le sillage des Sommets des Présidents de Parlements, qui se sont tenus aux Nations-Unies à New York en 2000 et en 2005, sous l’égide de l’U.I.P., l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le principe de la « responsabilité de protéger ». Cette réforme fondamentale a été apportée notamment en vue de protéger les populations contre de nouveaux génocides et à renforcer la responsabilité de tous les chefs d’État et de gouvernements.

 

L’an prochain, la présidence belge de l’Union européenne en sera une belle occasion de mettre le rôle de la diplomatie parlementaire en valeur, et aussi de placer l’Afrique au premier plan des préoccupations de notre continent.

 

Je me dois de mentionner également, le rôle que nos sénateurs jouent dans le cadre de l’Union interparlementaire, mais aussi les progrès réalisés par ailleurs grâce aux accords de coopération passés par notre Sénat avec les Sénats d’Afrique centrale. Tout récemment, lors d’une visite officielle au Sénat de la République Démocratique du Congo, j’ai pu me réjouir des fruits d’une coopération que j’avais initiée il y a plus de cinq ans.

 

Le Parlement belge contribue plus spécifiquement à la paix et à la réconciliation en Afrique centrale, notamment en organisant la Conférence des Présidents d’Assemblée des pays des Grands Lacs. À deux reprises, mon collègue de la Chambre et moi-même avons en effet réuni à Bruxelles les Présidents des Sénats et des Assemblées nationales du Burundi, de la République Démocratique du Congo et du Rwanda. Ces assises ont permis des échanges approfondis, francs et cordiaux sur tous les aspects intéressant la Région des Grands Lacs.

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

 

Je forme des vœux pour les actions futures de l’AWEPA. Tous ensemble nous avons à œuvrer pour un monde meilleur ou les injustices, les violences, les inégalités n’ont plus leur place et où la dignité de tous les peuples, à travers la planète, revêt la même importance.

 

 

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