14 octobre 08Rentrée Parlementaire

    Discours prononcé par Armand De Decker,

    Président du Sénat,

    à l’occasion de la rentrée parlementaire

    14 octobre 2008

     

     

     

    Mes chers Collègues,

     

    Je voudrais tout d’abord vous remercier de m’avoir à nouveau élu à la Présidence de notre Assemblée et remercier notre doyen pour la gentillesse avec laquelle il a présidé les premiers instants de cette session parlementaire qui s’annonce particulièrement importante.

     

    Alors que le dialogue interinstitutionnel vient de s’engager, cette session nous mènera aux élections régionales et européennes.

     

    Elle sera donc nerveuse, mais je forme le vœu qu’en cette période de crise financière et économique mondiale, nous aurons tous, dans le respect de nos opinions respectives, la volonté permanente de veiller à l’intérêt général et à sauvegarder des intérêts majeurs de notre population.

     

    Cette première crise de la mondialisation nécessitera de la part des élus une créativité et une vigilance particulière.

     

    Cette crise a déjà démontré combien le niveau fédéral reste indispensable. Elle prouve aussi malheureusement que l’unification européenne a encore de très grands progrès à réaliser.

     

    Enfin, j’en suis persuadé, il nous faudra agir pour sortir du climat politique difficile que nous avons connu depuis les élections dernières.

     

    Il faut, mes chers Collègues, que chacun se sente bien dans notre pays, que la Belgique trouve un équilibre nouveau plus respectueux de l’évolution de nos réalités régionales et communautaires et qu’elle modernise et simplifie son fonctionnement afin de la rendre plus efficace, plus performante pour répondre aux attentes criantes de nos populations.

     

    De trop nombreuses catégories de citoyens connaissent aujourd’hui une fragilité que la crise économique risque d’aggraver. C’est à eux que nous devons penser en priorité.

     

     

    Chers Collègues,

     

    2008 est une année particulière car elle nous renvoie au souvenir de deux des plus importantes conquêtes de notre évolution démocratique.

     

    Je fais référence à cette loi du 27 mars 1948 dont la première phrase se lit ainsi : « Les femmes sont admises au vote dans les mêmes conditions d’âge, de nationalité et de domicile ».

     

    Il aura fallu deux guerres mondiales au cours desquelles les femmes avaient pris tous les risques comme les hommes, tout en veillant à la survie de leur famille, pour qu’enfin le droit politique fondamental de voter leur soit reconnu.

     

    Cette conquête fut bien tardive sur notre ligne de l’histoire.

     

    Nous, Belges, qui nous targuons si aisément de donner des leçons de démocratie dans les coins les plus reculés de la terre, nous ne devons pas oublier que, grâce au courage persévérant de quelques pionnières, les femmes belges n’obtinrent ce droit fondamental qu’au lendemain du second conflit mondial.

     

    Le Sénat célèbrera cet anniversaire dignement le mois prochain.

     

    Le second anniversaire que nous entendons marquer se place lui au niveau mondial.

     

    C’est en effet, il y 60 ans aussi, en 1948 que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme vu le jour sous les auspices des jeunes Nations-Unies, trois ans après la fin de la deuxième guerre mondiale.

     

    De prime abord, son Préambule souligne que la barbarie que le monde venait de connaître était due à la méconnaissance et au mépris des droits de l’homme.

     

    C’est ainsi que les cinquante-huit premiers Etats membres de l’ONU reconnurent solennellement que tous les hommes ont droit à la même dignité et aux mêmes droits à la vie, à la liberté et à une égale protection de la loi.

     

    Ces principes qui nous paraissent si évidents aujourd’hui, bien qu’ils ne soient que très insuffisamment respectés notamment en Afrique, la Belgique a toujours veillé, avec énergie et créativité, à en développer le respect.

     

    Madame Ingrid Betancourt eut, la semaine dernière, la gentillesse de rappeler que notre pays, son Gouvernement, son Parlement et sa société civile, sont connus dans le monde pour leur générosité et pour leur action internationale, en faveur du respect des droits de l’homme, par exemple dans le domaine de la libération des otages détenus.

     

    Il est vrai que les Belges - dont le pays fut de tout temps la terre des libertés communales – ont tracé de par le monde des chemins de liberté et d’autonomisation de leurs semblables.

     

    C’est pourquoi, notre Assemblée marquera ce 60ème anniversaire par un colloque le 10 décembre prochain.

     

    Le Traité de Lisbonne a été enfin adopté par toutes les assemblées législatives que compte notre pays. Il reste au parlement fédéral à approuver les propositions de loi relatives à la mise en œuvre de la procédure de subsidiarité en Belgique.

     

     

    Je forme le vœu ardent de voir le Traité de Lisbonne adopté par tous les Etats membres de l’Union et voir ainsi se mettre en place un Président permanent de l’Union européenne, un Haut Représentant pour les affaires étrangères, qui dirigera un nouveau service diplomatique européen, un vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil et – ceci nous concerne particulièrement – un rôle renforcé des parlements nationaux dans le domaine du contrôle de la subsidiarité et de la proportionnalité. Sur ce dernier plan, notre assemblée a été la première en Belgique à mettre en œuvre cette procédure et en est devenue aujourd’hui la plaque tournante.

    En vue de la Présidence belge en 2010, les Présidents des parlements d’Espagne, de Hongrie et de Belgique signeront prochainement un accord de coopération. Cette concertation trilatérale souhaite, parallèlement aux relations déjà établies entre les gouvernements de ces trois pays qui se succèderont à la Présidence, prendre des initiatives sur le plan de la coopération. Elle assurera une meilleure continuité entre les présidences et permettra un suivi plus efficace des dossiers importants durant une période de dix-huit mois qui s’avèrera fort importante pour le renforcement des institutions européennes.

     

    Je déclare le Sénat constitué. Il en sera donné connaissance au Roi, à la Chambre des représentants, de même qu’aux parlements régionaux et de communauté.

     

    Ik verklaar de Senaat voor samengesteld. Hiervan zal kennis worden gegeven aan de Koning, de Kamer van volksvertegenwoordigers en ook aan de parlementen van de Gewesten en de Gemeenschappen

     

    Hiermit erkläre ich den Senat für konstituiert. Der König, die Kammer der Abgeordneten sowie die Regional- und Gemeinschaftsparlamente werden hiervon in Kenntnis gesetzt.

     

     

    Nederlandse versie